Marie-Annick Cèbe
La surface à voir est la lente superposition de strates de
peinture, claires ou sombres. La dernière épaisseur, entamée ici ou là par
grattage et ponçage, laisse apparaître les couches plus profondes, comme un
verni de civilisation disparaît sous l’usure et les coups de la société des
humains.
Si le
blanc, souvent omniprésent, n’est jamais tout à fait pur, c’est qu’il essaie de
faire oublier le violent, le sombre, envahissant dans les soubassements de la
toile. La part de soi, séparée du monde ? La limite infranchissable de
l’être ? Autant de questions sans réponse. L’espace peint dévoile le
presque visible. Et c’est ce presque qui, nous qui passons, arrête notre regard
et inquiète l’espace d’un instant, perturbant le cours inlassable de notre
pensée.
Gilles CEBE